Meuilebeik, du Daring au FC Brussels en passant par le RWDM


Deiring ! Spel nogh e goleke !


Les archives d'un club de football le mentionnent rarement, mais il faut bien constater que c'est toujours au comptoir d'un stammenei, que son histoire commence ...




Ne voetball club in Koekelberg geboêre ...
Comme ce fut le cas pour l'Union ou Anderlecht, l'épopée du Daring vit le jour le 2 mai 1895 dans
un petit bistrot "Le Tivoli", de la place Simonis à Koekelberg. C'est à l'endroit précis où l'on érigera dix ans plus tard la basilique, en 1905, qu'évoluèrent les premiers "audacieux" (la traduction du mot anglais daring). Cette association sportive de la première heure du football en Belgique, valut au club de porter un peu plus tard, le matricule n°2, soit juste après celui de l'Antwerp dans la Métropole anversoise où le football vit le jour, importé par des marins anglais. Cette connotation anglaise allait rester attachée au Daring qui, durant tout son existence, a toujours défendu la stratégie d'un football britannique de type “kick and rush" et a souvent confié sa direction sportive à l'un ou l'autre coach britannique. Tradition oblige aussi en Belgique, la constitution de ce nouveau club à l'initiative de deux jeunes gens, Emile Dourson et Alphonse Verhezen, a été arrosée à coup de nombreuses pintes de bière provenant de la brasserie locale de Koekelberg – même si celles-ci coûtaient déjà à l'époque 25 centimes ! Certaines mauvaises langues de l'époque auraient même insinué que la note du café avait été plus salée que les frais administratifs encourus pour la fondation du Daring.

Les équipes en 1896 (en haut à gauche), en 1898 (en haut à
droite) et en 1901 (en bas)

En 1905, débutèrent les grands travaux de la basilique, qui obligèrent une première fois les futurs molenbeekois à trouver un nouveau terrain, d'autant plus que le jeune club avait (déjà) accédé à la première division, dans laquelle évoluait une autre équipe bruxelloise “ennemie", l'Union-Saint-Gilloise. A l'époque, les premiers derbys bruxellois attiraient déjà plusieurs milliers de personnes et, si les Bruxellois ne devaient suivre qu'une seule rencontre dans l'année, c'était bien celle-là. Le Daring émigra vers la chaussée de Jette au numéro 501, où se trouvaient les installations d'un autre club sportif bruxellois, le Brussels. Les installations y étaient exemplaires, avec une pelouse tondue à... l'anglaise, permettant la pratique d'un beau football. Le club fut rebaptisé en Daring Brussels Club qui rappelle à peu de chose près, comme par hasard, son appellation actuelle de FC Brussels.

De multiples fusions ...
Dans sa série de fusions, le club engloba dans la foulée aussi l'Union Sportive Molenbeekoise et le Skill FC, un club qui évoluait déjà au plus haut niveau. La direction du club, afin de donner un peu plus de clarté à tout cela, opta tout simplement pour le nom de Daring Club de Bruxelles.
Ces différentes fusions amenèrent le club en 1903 vers la division l pour y écrire une histoire longue, riche et passionnante, encore que marquée par de nombreuses futures fusions.

Affiche inaugurale du stade de
Meuilebeik de 1920
L'Union, l'éternel rival ...
L'accession du Daring en division 1 va doter la scène bruxelloise d'une nouvelle zwanze, bien avant l'apparition d'un autre ennemi, le Sporting d'Anderlecht.
En effet, très virils mais toujours sportifs, les derbys entre le Daring et l'Union étaient devenus le classique des classiques bruxellois.
Les rencontres entre ces deux clubs, séparés a l'époque parla Senne, vont colorer tout le folklore de la capitale. Plus encore que les derbys liégeois, brugeois, anversois voire tournaisiens, ces matchs tenaient toute la Belgique en haleine. Si, souvent, ces rencontres se terminaient sur un score Arsenal, il n'en était pas de même pour les supporters que le décompte des hectolitres de bière consommés avant et après le match n'arrivait pas à départager...



Sur ces 2 photos, l'équipe nationale championne en 
1936 qui pose au stade du Daring


Des présidents mythiques ...
Le Daring a connu des présidents légendaires, comme Charles Malis, qui décéda inopinément au Zoute en 1928, avec déjà la satisfaction d'un devoir bien accompli : trois titres de champion de Belgique ainsi que la construction d'un merveilleux complexe sportif que toute la Belgique enviait à la commune de Molenbeek, permettant ainsi au Daring d'y développer d'autres disciplines sportives, hockey, tennis, athlétisme et natation au solarium.
La dépouille de Charles Malis, président chéri de l'ensemble de la famille rouge et noire (initialement les couleurs étaient bleu et blanc), fut ramenée au stade dans la tribune principale, où une foule massive put lui témoigner un dernier hommage. Depuis sa disparition, la rue longeant l'entrée principale du stade porte son nom.
Autre président mythique de ce club à l'accent très british, Oscar Bossaert. Il fut tout d'abord ex-intemational et joueur du club avant de devenir plus tard bourgmestre de Koekelberg, là précisément où le club vit le jour. Cet ancien "centerhalf" exemplaire prit cette fois administrativement les rênes du club en 1930, suite à quelques années de vaches maigres que connaissait un Daring qui ne parvenait plus à retrouver son lustre d'antan et se maintenait à peine dans le ventre mou du classement du championnat belge L'Union quant à elle, était en pleine euphorie avec sa série de 60 matchs sans défaite. C'était compter sans le Daring, qui trouva avec sa nouvelle présidence une motivation pour redorer son blason. Le 10 février 1935 une date en lettres d'or pour tous les supporters de Meuilebeik, les joueurs de La Butte de St-Gilles s'inclinèrent chez leurs adversaires bruxellois, sur le score de 2-0 lors d'un match qui resta gravé dans toutes les mémoires des amateurs de football belge et bruxellois en particulier. L'Union ne décrocha pas son 61ème match sans défaite, mais devint malgré tout Champion de Belgique, tandis que les Daringmen étaient de retour au premier plan de l'actualité footbalistique. La zwanze était présente dans les deux clans et une fois de plus, des dizaines d'hectolitres de gueuze et de pils assouvirent la soif des supporters. En reconnaissance à Oscar Bossaert, un président de grand gabarit, le Daring baptisa le stade à son nom. Ce n'est que bien plus tard que celui-ci sera renommé stade Edmond Machtens, du nom de l'ancien bourgmestre de la commune de Meuilebeik qui vouait aussi une passion à son club.

Oscar Bossaert
Armand Swaertenbroeckx à l'issue du 50 ème match international. Il devint par la suite bourgmestre de ... Koekelberg


Au travers des décennies, le Daring aura toujours connu des présidents d'exception qui, chacun à leur manière, ont marqué leur passage de leur empreinte et dans le seul esprit sportif du club bruxellois qui jouissait, tout comme l'Union de son côté, d'une popularité sans borne bien au-delà même des frontières bruxelloises.
Cette institution du football devint Association Royale par lettre du 6 juillet 1920 du Cabinet de S.M. le Roi Albert ler.


Sur ces 2 photos : la chaussée de Gand, devant l'entrée du
cimetière, les spectateurs qui venaient à Molenbeek
assister aux matchs qui arrivaient par le tram. 

Le RWDM ...
Il ne serait pas correct de qualifier le Daring de club "à fusions" mais il faut bien reconnaître que lorsque le club connut ses années noires que ce soit sur le plan sportif ou financier de nouvelles alliances sportives durent être consenties dont la plus surprenante mais réussie, avec le White Star de Woluwe-St-Lambert.
L'équipe du stade Fallon et son staff déménagèrent vers Meuilebeik. Le club fut baptisé, et c'était une première dans l'histoire du football belge, d'un nom se résumant à 4 lettres RWDM, pour Racing White Daring de Molenbeek. Les couleurs rayées noir et rouge furent changées en un maillot tricolore rouge, blanc et noir, Les seules rayures qui apparaissaient encore étaient celles de l'écusson. Cette fusion de raison amenait dans l'escarcelle du club de très fortes personnalités, comme pour le Daring. Jean-Baptiste L'Ecluse, le magnat du bâtiment et Michel Verschueren (qui imagina par ailleurs le nouveau logo du club !), passé par après au... Sporting d'Anderlecht, et côté Racing White, Maître Jean Gooris, Henri Mabille du garage Opel de Molenbeek et le manager de référence, Eugène Steppe. C'était en 1973. La fusion porta ses fruits deux ans plus tard avec un titre de champion de Belgique, ce qu'on n'avait plus connu Boulevard Mettewie depuis 1937. Si le matricule n°2 du Daring avait cédé sa place au n°47 du Racing White, Molenbeek n'avait certainement pas perdu au change.

Une rencontre au Daring lors de la saison 1920-1921

Le RWDM, n'avait plus de connotation anglaise, l'armature sportive de l'équipe était devenue principalement un alliage de joueurs belges, Gérard De Sanghere, Eric Dumon, Maurice Martens, Jean Dockx, Eddy Koens, Alex Lafont, Odilon Polleunis, Willy Wellens, lacques Teugels, mais aussi hollandais avec Johan Boskamp. Nico De Bree, Wietze Veenstra,... et nordiques comme Kresten Bjerre et Benny Nielsen. Cette équipe de surdoués formait un bloc alliant science du football à une forte mentalité et une intelligence de jeu. Le public revenait en masse au stade Machtens.
Non content de cette réussite chez les seniors, le RWDM avait mis sur pied une école de jeunes, probablement la meilleure du genre en Belgique, qui allait sortir une multitude de jeunes qui feraient par après le bonheur à la fois du club mais aussi de nombreuses autres formations du pays. La liste en est très longue et impressionnante a commencer par Patrick Thairet, Olivier Beuckelaers, Alain Denil, Pol Desmesmaeker, Rudy Cossey, Patrick Gollierre, Yves Degreef, Sébastien Demeersman, Franky Van der Elst, Steve Laeremans, Michel De Wolf, Alain Cneudt, Steve Barbé, Harold Deglas, Wesley Sonck, Wilfried Godart, Philippe Houx, Jonathan Butera, David Rimbold, Adrian Bakalli, Daniel Camus, Philippe Houx, Thierry De Jaegher, Geert Emmerechts, Lieven Heymans, Pascal Hofman, Frédéric Marteaux, Kevin Nieus, Jurgen Simeons, Sebastien Stassin, Fred Vanderbiest, Hans Mergan,... Un registre interminable et impressionnant de noms qui cotoient toutes les autres légendes dle la belle histoire aussi riche que sympathique du Daring, alias RWDM, alias maintenant FC Brussels.

Années 50-60, les joueurs de Waterschei effondrés
au vestiaire, le Daring vient de les reléguer en division 2

Patje Thairet ...du sport à la zwanze ...
Ce que le “Polle” Van Himst est à Anderlecht, le "Patje" Thairet l'est au Daring devenu RWDM ensuite, et FC Brussels aujourd’hui.
A son tableau de jeu, il affiche 394 matchs officiels, et 53 buts SVP, soit 15 années ininterrompues, ce qui en fait de loin, le joueur qui fut le plus sélectionné en équipe fanion. Chose curieuse aussi, ce joueur aussi intelligent que talentueux n'eut jamais l'honneur d'une seule sélection en équipe nationale A : « je n'ai été sélectionné que parmi les Espoirs internationaux ou en équipe nationale militaire, notamment pour le défunt challenge Kentish » regrette Patrick Thairet. Depuis sa première touche de balle en 1968 jusqu'à la fin de sa carrière de joueur en 1995, le joueur molenbeekois n'a jamais connu qu'un seul club : "Je suis arrivé au Daring à 10 ans, soit à un âge où on ne pouvait pas encore, selon le règlement de l'Union Belge, s'inscrire sans l'autorisation des parents. Néanmoins, c'était à une sélection de joueurs non affiliés que je participais. L'affiliation s'est effectuée en 1970. Nous étions quelques gamins, je pense une petite trentaine, à effectuer un petit match, 12 contre 12, sous le regard de Jos Renders, ancien joueur vedette du Daring et père de
Daniel Renders, aujourdhui entraîneur adjoint à Anderlecht. J'adorais dribbler, et ma technique n'était pas si mauvaise pour quelqu'un qui n'avait jamais eu d'entraînement. Mon défaut était parfois de garder le ballon trop longtemps. A un moment donné au cours du petit match de sélection, Mr Renders m'appela. le croyais que c'était pour me reprocher un peu trop d'individualisme dans mon jeu. Je m'attendais donc à une réprimande avec pour conséquence que mon test allait s'arrêter là. En réalité, il m'invita à le suivre vers un autre terrain où jouaient des garçons un peu plus âgés mais faisant déjà partie du club. Ils participaient à un match 11 contre 11. Jos Renders alla voir l'entraîneur et tout de suite, il me demanda de monter au jeu afin d'évaluer ma capacité technique et physique avec ces joueurs plus aguerris. Le test était concluant, et mes parents qui habitaient Koekelberg furent avertis afin de pouvoir m'affilier au club. C'était le début d'une longue carrière dans ce club auquel je dois tout et que jamais je n'ai eu envie de quitter" explique Patrick, toujours très éloquent quand il évoque son Daring / RWDM.
Sa longévité sportive lui permit aussi de côtoyer plusieurs générations de joueurs : “Ma première apparition en équipe première était déjà pour moi tout un symbole. C'était le 9 novembre 1980 contre Anderlecht, l'ennemi juré de tout molenbeekois. Autant dire que pour un jeune, débuter dans une rencontre pareille est inoubliable mais aussi stressant, surtout quand un stade est plein à craquer. Dans notre équipe, il y avait Maurice Martens, un peu mon parrain dans l'équipe, qui me rassura très vite ainsi que René De Saeyere, blessé ce jour-là. Parmi mes coéquipiers on trouvait aussi Michel Dewolf, Alain Cneudt, Patrick Gollierre de ma génération ou Dirk De Vriese tous des joueurs assez boute-en-train et qui savent rendre une ambiance joyeuse dans une équipe. On a perdu ce match 4 - 0. En réalité, javais aussi déjà été repris dans le noyau pour un match européen contre AC Torino en septembre de la même année mais je n'étais pas monté au jeu. Progressivement cette saison de 1980, je suis devenu titulaire comme Franky Van der Elst, un an plus jeune que moi, qui lui aussi allait devenir un meneur de jeu mais plus sur le plan défensif. C'était un peu le ratisseur de jeu devant une défense.
Moi, j'étais plutôt un demi-offensif et chargé de distiller des passes décisives vers nos avants. Comme enfant du club, les supporters sont souvent plus exigeants avec vous. Parfois, je pouvais effectuer 30 bonnes passes sur un match et ensuite en faire une mauvaise, du coup les supporters me critiquaient plus vite et ne retenaient que cette phase-là. Mais en général, c'était très léger. Au RWDM, il y a un bon public, très critique quand son équipe joue mal, mais tellement chaleureux et festif quand elle gagne.
J`ai eu la chance de connaître un autre rôle en fin de carrière à Molenbeek, puisque j'y suis aussi devenu entraîneur et ai été champion de DII pour ramener le club en première division après avoir gagné le tour final en 200l " Ce nouvel exploit du “Ket” de Molenbeek, en fit une véritable icône du club RWDM, feu Daring, pour rejoindre le rang des noms qui firent toute l'histoire de ce coin de Bruxelles où la zwanze n'est pas un vain mot.

Le club en fanfare ...
Jef et Jean-Pierre ont certainement trois choses en commun : ils sont amis, supportent le même club de football et sont musiciens. Durant tout un match au Stade Edmond Machtens, on n'entend qu'eux, du moins leurs instruments. C'est la fanfare de Molenbeek, aujourdhui FC Brussels.

Les musiciens de la fanfare du Daring

Leur répertoire et manière de jouer ont fait le tour de la Belgique, voire le tour du globe. Tous les clubs les envient, au point qu'ils sont souvent imités mais jamais égalés nous raconte Jef, la pils à la main ; "Nous sommes sept musiciens et au minimum six à jouer lors de tous les matchs de Molenbeek, parfois aussi après la rencontre, pour ne pas dire souvent, même si la grosse caisse, qui est assurée par mon épouse Godelieve, n'est pas toujours daccord ! Blague à part, notre petit cercle de musiciens perpétue en quelque sorte l'ancienne harmonie du Daring qui il y a 50 ans défilait avant chaque match. Elle partait des Etangs Noirs vers le stade, Aujourd'hui, nous ne sommes plus une harmonie, nous n'avons gardé que les cuivres et la percussion, et nous partons de notre local, “Le Nouveau Daring” de la rue de Bruges à 500 mètres à peine du terrain, pour y retourner après. Il y a donc dans le groupe ma femme Godelieve et Jean-Pierre au cornet, mais aussi Prosper et Germain aux trombones à coulisse, René à la trompette et Jean au sax. Nous pouvons compter un petit sponsor qui nous habille lorsqu'il pleut ou qu'il fait froid, c'est Femand Motor de Citroën, c'est son surnom, il nous accompagne partout, mais il n'est pas musicien pourtant il souffle beaucoup
aussi, surtout lorsque notre Molenbeek joue comme des “slaches" dixit Jef, jamais avare de commentaires ni de notes de musique" . Leur réputation de metteurs d'ambiance est fort prisée, et il n'est pas rare, et même pour l'instant très régulièrement que la fanfare de Molenbeek soit réquisitionnée pour revigorer les supporters belges au Stade Roi Baudouin lors des (pénibles) matchs des Diables Rouges ; “Nous, on est toujours d'accord à condition que Molenbeek ne joue pas au même moment. Dès que la bière est bonne et fraîche, on est de la partie. En plus, on joue de tout. Notre répertoire est très varié et de circonstance, sauf que nous ne jouons plus la marche funèbre lorsqu'un joueur est à terre. Par contre, quand on voit que le joueur est un « zievereir » et fait de la comédie, là le trompettiste entame l'ambulance. On répète régulièrement nos morceaux et quand on voit que notre club de football est en passe de réussir un exploit, on étudie quelques morceaux phénoménaux ! Vous savez, on pourrait même jouer du Chopin si cela devait être nécessaire” raconte le Jef, “un petit verre on a soif” comme l'appellent les Molenbeekois.

L'équipe du Daring en 1969 avec entre autre : Jean Nicolay,
Neumann, De Bolle, Martens, Mattert, Swalen, Libon,
Colonval, De Vlegelaer, Beelen.
Le FC Brussels ...
Molenbeek est une commune au fort contingent d'immigrés. Saci, dit le “Yougo” est Serbe dorigine, mais assume parfaitement son intégration dans cette banlieue bruxelloise. Il a repris voici peu d'années, l'un des piliers du milieu de football, le local du Daring où l'on retrouve non seulement la fanfare du club, mais aussi ses supporters, surtout après une victoire. il est aussi le sociétaire du club de football en salle, le FC Mekoni, évoluant en 2 de provinciale, regroupant des vrais Molenbeekois comme un certain Patrick Thairet, mais aussi Olivier Lebbe, un pur supporter du Racing White de Woluwe qui lors de la fusion en 1973, a accompagné ses joueurs vers le Nord de Bruxelles. Il est aussi le responsable des Brussels Boys, fenlents, purs et durs supporters du club de Molenbeek : "Jadis, ce club de supporters avait une image un peu péjorative. Ce n'est plus le cas, même si physiquement certains paraissent assez redoutables. C'est le fair-play qui est notre leitmotiv, et nous avons avec les noyaux d'autres clubs, des rapports très amicaux au point qu'en dehors des matchs on se retrouve pour faire la fête. Ici avec Saci, nous avons fondé un club de mini-foot, mais c'est surtout l'envie de nous retrouver autour d'une pinte qui est à la base de cette initiative ! Parmi nous, il y a les anciens du Daring mais surtout du RWDM comme Stéphane Lievens dont le grand-père, Fons De Coster a été pendant des années le secrétaire bénévole du Daring. il a écrit un gros bouquin
à compte d'auteur "Le RWDM vu par un supporter". C'est une véritable bible pour celui qui s'intéresse à l'histoire du football à Meuilebeik. De plus, il y évoque avec beaucoup de tact les clubs qui ont rendu possible cette fusion, et comme moi je suis un immigré du Racing White, cela me touche de très près. Le FC Mekoni joue le lundi soir, ainsi chacun est libre de ses "obligations" du week-end. Et en plus on gagne souvent nos matchs, c'est vous dire si l'ambiance est bonne. Autour du (des) verre(s) d'après~match, on évoque les anciennes gloires du passé et on les compare avec celles d'aujourd'hui, comme cela les jeunes qui nous accompagnent apprennent un peu mieux à connaître l'Histoire du club, et tout le tralalala des coulisses de Meuilebeik !"

Le logo du FC Brussels
La disparition d'un patrimoine molenbeekois ...
Trop de clubs de football en Belgique, principalement en divisions supérieures, négligent le patrimoine historique d'un club, quand cette histoire a été aussi mouvementée. C'est quasiment un scénario similaire qui s'est produit au Daring, ensuite au RWDM au moment de sa reprise par le clan Vermeersch, En effet, tout ce qui avait trait au RWDM a pris la direction de containers, chargés de tout faire disparaître, principalement par manque de place. Fort heureusement, certains fanatiques de la mémoire du club, pourtant loin d'être des écumeurs de poubelles, sont parvenus à remettre la main sur certains souvenirs uniques, souvent anecdotiques comme explique Olivier Lebbe, responsable des Brussels Boys : "C'est absolument incroyable, tous les documents que l'on y a trouvés. J'ai par exemple récupéré un contrat d'assurance que le club
avait souscrit en 1974, pour assurer son équipe lors d'un déplacement en match amical à Feyenoord aux Pays~Bas. C'était à l'occasion du passage de Johan Boskamp du Kuipje de Rotterdam vers Molenbeek. Eh bien, toute l’équipe avait été assurée pour le montant de 66.000.000 de francs belges, (plus d'un million et demi d'euros) ! C'est cette équipe qui la saison suivante, avec Boskamp dans les rangs molenbeekois, a remporté son titre de Champion de Belgique sous le nom de RWDM. Des papiers de ce type, il y en avait par centaines, des photos aussi."

Un derby avec Anderlecht

Une recontre avec le FC Liégeois

1952, l'équipe reçue à la maison communale

Raymond Goethals ... Raymond la science ...
On peut comprendre que la nouvelle direction ait voulu faire table rase du passé, en comblant les dettes accumulées durant les années écoulées, mais ce n'était en tout cas pas en faisant disparaître toutes les archives. La meilleure preuve en a été donnée avec l'hommage de la nouvelle tribune, baptisée Raymond Goethals. ll a marqué les annales du football belge mais aussi celles du Daring, non pas qu'il s'y affirma comme un titulaire indiscutable, mais ses prestations y furent toujours très remarquées. "Son Daring", comme il aimait à le dire, était son club de cœur avant tous les autres même ceux plus prestigieux qu'il a connus par après. C'est ici a Meuilebeik qu'il débuta, comme gardien de but. Ses premières écorchures aux genoux, c'est sur les terres argileuses du plateau du Karreveld qu'il se les est faites, Dès 1933, à l'âge de 12 ans, le nom de Raymond Goethals figure dans les listings manuscrits des affiliés du Daring, Il y restera dix ans comme joueur mais durant plus de cinquante ans, il suivra des centaines de rencontres de son Meuilebeik préféré. Probablement que l'on y trouve encore des traces de ses mégots de cigarettes, et que les tribunes
résonnent encore de ses jurons en Bruxellois lorsque le Daring jouait mal. Il aura fallu un ultime changement de nom, un nouveau président bâtisseur au sens propre comme au sens figuré, Johan Vermeersch, pour que les briques du Stade Edmond Machtens rendent hommage au magicien du football belge. La plus récente tribune, rappelle en quelques photos et souvenirs, le passage de « Raymond la Science » a Molenbeek. Le FC Hannut, le Stade Waremmien ou le Staaienveld de St-Trond pourraient en faire autant puisqu'il posa également les rudiments de sa tactique footballistique dans ces clubs-là, seulement voilà, seules les terres molenbeekoises contiennent ses gouttes de sueur et peut-être même ses cendres !

Bob Van Kerckhove, Raymond Goethals et Albert Lanckmans

L`histoire du RWDM n'a pas vraiment connu de point final au moment de sa disparition administrative et de la constitution du FC Brussels. Alors que ce dernier doit encore écrire son histoire, quelques nostalgiques du matricule n°47 du club de la rue Charles Malis, tentent de rendre vie au club qui leur a procuré tant de joies. Tout bascula lorsque le 16 août 2002, l'Union Belge décida de rayer définitivement le club. Parmi les purs et durs, décidés à ne pas laisser disparaître ainsi les 4 lettres magiques du RWDM sans rien tenter, Rémy Poussart et quelques fidèles s'engagèrent à remettre le nom au registre des clubs belges et à tout recommencer à zéro. Si l'aventure reprit au plus bas de l'échelle, le RWDM n'en avait pas terminé avec les ennuis. Tout d'abord, le club n'avait plus de stade, puisque le FC Brussels de Johan Vermeersch s'était implanté au mythique stade Machtens, et n'entendait pas partager son gazon, bien que communal, avec l'équipe qui lui donna tant de cauchemars financiers. Le nouveau RWDM évoluera un peu en nomade durant sa première saison en 4ème provinciale et par le biais du rachat du numéro de matricule d'un club de 1ère provinciale, Geebets-Hulsbeek, en instance de radiation, le RWDM put rebondir durant la saison écoulée en II de division brabançonne.
Il basculera sportivement de catégorie au terme de la saison 2006-2007. Par contre à 1'aube du nouveau championnat 2007-2008, le RWDM fait à nouveau parler de lui, mais hélas dans la rubrique des faits divers.


Le Logo mythique ...

Tous les nostalgiques du logo dessiné un jour par Michel Verschueren, ex-manager du Sporting d'Anderlecht, espèrent que ce ne sera plus la fin du club qui fut si longtemps la fierté des Molenbeekois.


Source : Le Soir.
Photos : Collection Jean Boterdael, Collection Jean Wouters, Fernand Hellinckx, Le Soir, Wikipédia.




A la mémoire de celui qui fût un des plus grand supporter du Daring ... mon Bompa, Ferdinand Geninazzi (1916-2011)


6 commentaires:

Anonyme a dit…

Mon cousin Jean Van Achter a encore joué au Daring, mais comme c'était un pottezoeiper, sa carrière n'a pas duré longtemps; Est ce que vous le connaissiez ?

Tischke Van Meuilebeik a dit…

Je ne le connaissais malheureusement pas ... J'étais un peu jeune à la belle époque du Daring...

UsagerStib a dit…

Bonsoir Bonsoir ! Magnifique billet! J'ai appris énormément de choses! J'aimerais reprendre tout ou partie de ce sujet et de celui sur l'union sur mon site (rwdmboys.com) en faisant bien sûr mention en début d'article de votre site. Qu'en pensez vous ? Répondez moi ici ou envoyez moi un petit mail ( fcbrusselsnews@gmail.com)
Ce sera parfait en préface du derby dimanche!

Merci beaucoup !!

Anonyme a dit…

Oui, je l'ai vu jouer à la fin des années '60, effectivement. Le Daring = un club terriblement sympa, qui n'a jamais été vraiment remplacé !

Anonyme a dit…

Trouve ce site un peu par hasard
J'ai connu Jean Van Achter au Daring
(j y ai joué jusqu'en 69-70)
Ben Jean Van Achter a qd même joué 6/7 ans au Daring si je me souviens
Que devient-il ?

Anonyme a dit…

Je me rappelle de Van Achter comme defenseur du Daring dans les annees 60. Il formait la charniere centrale de la defense avec autre defenseur appele Bauweraerts, qui etait un gendarme je crois. Ils n etaient pas tendres avec les attaquants. il y a avait aussi Pitou Goossens dans les buts. C etait une super equipe. Avec eux un match n etait jamais perdu, jamais gagne non plus d ailleurs. Il y avait toujours du suspense et li y a quelques supporters qui ont fait des crises cardiaques rien qu en les voyant jouer :)

Que deviennent-ils?